Après le récent webinaire organisé par l’IEFC et le nouveau groupe de travail sur la complexité des peuplements dans les forêts plantées, en collaboration avec l’unité de recherche 1.03.00 – Foresterie à rotation courte (SRF) de l’IUFRO, il était nécessaire de faire le point sur l’état de la diversité intra-spécifique des forêts plantées afin de clarifier la manière dont les forêts exotiques plantées de Nouvelle-Zélande sont gérées. Pinus radiata, ou pin radiata, est une espèce d’arbre exotique introduite qui représente environ 90 % des forêts plantées en Nouvelle-Zélande. Si les sélections génétiques les plus performantes sont utilisées comme clones, la diversité intra-espèce reste une priorité. En effet, la biosécurité et le risque que des ravageurs ou des maladies perturbent le patrimoine forestier planté sont des facteurs essentiels dans la gestion de nos forêts.
La Nouvelle-Zélande a une longue tradition de gestion de la diversité génétique. Entre 1971 et 1985, environ 36 génotypes parentaux ont contribué à la création d’environ 28 % des ressources forestières plantées existantes, et 20 % supplémentaires ont été créés à partir de vergers à graines issus de 120 génotypes parentaux testés entre 1985 et 1993 (Carson 1997). Cette pratique s’est poursuivie, l’avènement de la sylviculture clonale ne représentant qu’une petite partie de la forêt par rapport à la sylviculture par semis (Sorensson et Shelbourne 2004). Depuis lors, les principes de diversité intra-espèce sont restés très conservateurs. Les vergers à graines néo-zélandais ont toujours respecté, mais surtout dépassé, la directive minimale de 20 génotypes non apparentés (Lindgren et Prescher 2005). Il s’agit d’une référence qui reflète les meilleures pratiques internationales.

Verger de pins radiata à pollinisation contrôlée en Nouvelle-Zélande
Aujourd’hui, la sélection du pin radiata est gérée par la Radiata Pine Breeding Company (https://rpbc.co.nz). La conservation de la diversité génétique est une stratégie fondamentale pour l’entreprise, qui dispose de cinq sites de conservation génétique réparties dans différentes régions de Nouvelle-Zélande. Ces conservatoires garantissent la disponibilité d’un large pool génétique pour la sélection et le déploiement lorsque cela est nécessaire.
En 2024, les données d’une enquête nationale sur les pépinières ont indiqué qu’environ 89 % des pins radiata plantés proviennent de semis cultivés en plein champ et environ 11 % de semis en conteneurs (ce qui inclut les boutures/clones). En bref, les plantations forestières de Nouvelle-Zélande conservent une diversité génétique forte malgré les programmes de sélection et l’existence de quelques clones.
Pour plus d’informations sur la génétique et la sélection du pin radiata, consultez le site de la Radiata Pine Breeding Company à l’adresse rpbc.co.nz.
Heidi Dungey, Natalie Graham & Grahame Stovold
Lectures recommandées :
Aimers (2024). Examen de la qualité et du rendement des plants. Rapport de recherche des producteurs forestiers n° PSP-TR005. 65 p.
https://fgr.nz/wp-content/uploads/2024/10/PSP-TR005-Review-of-Planting-Stock-Quality-Performance-JAimers.pdf?utm_source=chatgpt.com Bayne, K. (2021).
Covid-19 : Prolongation de la saison de plantation – Enquête auprès de l’industrie. (2022/08). Rotorua : Scion/Te Uru Rākau – Service forestier néo-zélandais. https://www.mpi.govt.nz/dmsdocument/51610-Results-of the-industry-survey-on-extending-the-planting-season.
Carson (1997). Recherche du FRI sur la diversité génétique en tant que composante de la biodiversité des forêts. NZ Forestry : 14-16.
Lindgren, D. et Prescher, F. (2005). Nombre optimal de clones pour les vergers à graines avec des clones testés. Silvae Genetica 54 : 80-92.
Sorensson, C. T. et Shelbourne, C. J. A. (2004). Sylviculture clonale. Chapitre 11, Sélection et génétique des arbres en Nouvelle-Zélande. Springer en ligne 2019. Pp 97-106.
